La danse intérieure du secret

par hugues cote  -  6 Septembre 2011, 09:40

 

 

Le secret est comme un virus contagieux contracté au contact de l’autre.  Parfois fruit d’une tierce volonté, mais souvent il arrive par accident ou par vicissitude. Tel un ver dans la pomme, il se tasse dans le plus profond de l’être.  C’est une espèce de marqueur  indélébile dans le cours d’une vie qui forge nos devenirs.  Violent comme le venin d’une vipère après une morsure.  L’installation du secret est un moment intense de construction intérieure sous influence psychotique.

 

Source de désordres intimes et d’attitudes maladroites tant le cogito l’intègre comme faisant partie du corpus à part entière.  Les effets secondaires du secret rendent le dedans chancelant et irrationnel par à-coups.   Conditionnant l’individu à verrouiller une part de lui-même.  L’inconscient et le conscient alternant leurs autorités sur les actions de la personne.  L’individu est traîné bien malgré lui sur les sentiers sinueux  et glissant de la bipolarité.

 

L’intime est l’otage de l’inavouable vérité.  La totalité de l’être est inaccessible, car le secret agit comme un frein moteur.  Le non-dit devient un rempart pernicieux aux relations à l’autre.  Dans la forme on joue aux énigmatiques alors qu’au fond on est mal.  On laisse planer des zones d’ombres qui refrènent les enthousiasmes des bonnes âmes.  On injecte de la confusion dans les esprits de ceux qui nous aiment.  Le secret presque déifié est sacralisé.

 

Je ne parle pas du secret de nature polissonne.  J’évoque le vécu traumatisant d’un événement.  L’expérience d’un instant qui marque le caractère au fer rouge.  De l’incident déstabilisant pendant lequel les repères ont volé en éclat.  Le sens des choses a été brouillé.  La vie a cessé d’être un long fleuve tranquille pour devenir agitée.  J’apostrophe ici, le face à face avec la solitude et la trahison.  La première décision dans la douleur et sans soutien.

 

Le secret influence la posture et favorise l’imposture.  Il rend la vie compliquée et le quotidien triste.  L'ode poétique de la vie est entachée tandis que la rage intérieure est omniprésente.  Le sentiment d’injustice est exacerbé au point que la moindre partialité irrite.  Bien souvent vous êtes de facto un écorché vif qui s’ignore.  Une sorte de plaie ouverte.   La sensibilité portée est un fardeau.  La fragilité de l’être est réduite à la capacité à produire des larmes.

 

La chorégraphie d’une vie ne doit pas être dictée par ce monstre.  La culpabilité doit être dégrossie, car bien souvent vous n’êtes pas fautif.  Les pardons doivent être assénés de part et d’autres, afin que la libération advienne.  Il faut cesser d’être une victime.  Il faut déverrouiller  le portillon de la peur et libérer la parole.  Il faut plonger corps et âmes dans la résilience comme si c’était une eau de jouvence.  Enfin peut importe hier, ce qui compte c’est la vie.

 

On n'a qu'une vie et il faut savoir résister.  Ne laisser pas ce piètre danseur gâcher votre unique représentation.  Soyez le chorégraphe de la paix intérieur et de la concorde universelle.  Celui-là même qui fait confiance a l'homme et fait danser la vérité, au rythme du quotidien en harmonie avec ses aspirations.

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