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Le blog de Hugues COTE

Plateforme poétique & d'exposition

L’apprentissage de la verticalité

            Comme un nourrisson qui teste ses appuis en défiant les lois de la gravité et de la pesanteur.  Le désir d’être d’aplomb m’obsède.  Parfois, je titube et je me retrouve à quatre pattes comme ma petite Chloé âgée d’une dizaine de mois, tant la verticalité de l'être n'est pas acquise.  Oui, ce n'est pas parce qu'on est debout sur ses jambes que l'intime n'est pas recroquevillée dans l’ombre.  Dans un monde ou tout le monde joue un rôle, il est facile de ne jamais croiser son dedans.  De vivre tout en étant vide, sans substance ou devrais-je dire sans colonne vertébrale.  Dans la société du spectacle l'important est de gesticuler ou de se pavaner au détriment de l'essentiel.  La quintessence de l'être est passée au pilon sans commune mesure pour écraser l’immanence.  Sous prétexte que j’aurai un besoin incommensurable d’être vu et reconnu par un zombie ou un non-être si vous préférez.  C’est là une démarche où le corps telle une marionnette se déplace en brassant du vent et chantonnant un hymne à l'égoïsme.  C’est faire le panégyrique de la matière tandis que l’esprit croupit dans les geôles de l’indifférence.


                Il est nécessaire d’exorciser la bêtise humaine pour que la lumière de sa véritable nature illumine les esprits.  Ne pas se sentir concerné par l'autre, c'est être un épouvantail planté dans le vaste champ de la vie.  C'est là même une négation spectaculaire de la vie et de sa propre santé psychique.  Faire comme les autres, tirer la couverture de son coté, c'est vivre par procuration.  Croire qu'on est différent parce qu'on a un maigre talent c'est faire l'économie de l’immensité de nos tares qu'on chérit en cachette.  L'apprentissage à la verticalité c'est une déclaration d'amour à l'humanité.  Certes l’amour est dangereux parce qu’on se donne en abondance à l'autre.  Cependant, il ne faut pas avoir peur comme les gens  disent en Afrique : « c'est l'homme qui a peur, sinon il n'y a rien ».  Aimer c'est comprendre que donner à l'autre est la plus belle chose que l'humain sache faire.  Partager avec son prochain ou l'inconnu c'est transmettre le génie de la vie.  Affronter les affres de la vie ensemble permet de grandir et d'acquérir de la sagesse.  Vivre ensemble met sur les rails de la réconciliation les futures générations.


                Tout apprentissage n'est pas facile, mais rien n'est souple quand on travaille.  De cet effort découle une appréciation qui telle une potion magique donne le goût des choses aux autres.  Le plus grand nombre n'a pas toujours raison, car il y a beaucoup trop de moutons de Panurge.  Ce n'est pas parce que la terre ne tourne pas rond qu'on va forcément marcher sur la tête.  L’intériorité se construit dans l'effort de tous les instants et la constance.  Accompagnée d’une solitude pas évidente à vivre, mais qui faut savoir dompter.  En vérité l'âme ne peut s'émanciper dans le vacarme collectif  et encore moins dans la complaisance d'être un vulgaire consommateur de c02.  En fait cet exil que certains fuient est mon havre de paix.  Le puits dont j’extirpe l'inspiration et la force de crier  « assez !»  Je ne veux pas que l'autre soit un anonyme,  je veux le connaître pour que je puisse exister.  Je ne veux pas porter le manteau de l'indifférence, car la douleur de l'autre me parle et se fixe dans mon mental.  Je ne veux pas que la larme soit versée comme un quelconque liquide.  Je ne veux plus que les femmes soient des victimes de la barbarie des lâches.  Je ne veux plus que l'homme bombarde l’homme.  Je ne veux  plus que l'on me parle de cette normalité bâtarde qui déshumanise.  Je ne veux plus que l'argent soit le centre de l'union. Je ne veux plus que la peur l'emporte sur le courage. 
               

                Sans doute que je suis le naïf révolutionnaire, mais en fait la verticalité dépend d'une vision ou d’un rêve qui prend toute sa dimension au fur et à mesure qu'on avance.  La morale de ce texte est de rappeler que tomber en essayant n’est pas un échec encore moins une fumisterie.  Au contraire, si tu es à terre relève-toi.   La verticalité d'un être, c'est l'histoire d'une vie voir de plusieurs vies, car rien ne dure dans l'instant.  A tout ceux qui sont des handicapés de la compassion et des atrophiés du cœur.  Ne faite pas de vos dedans des « no man’s land », c'est une erreur et un énorme gâchis.  Il faut avoir confiance en soi et avoir foi en l’autre.  Reprenez-vous, la vie est belle et plein de sens quand on converge vers la même destination.  Nous avons besoin de tout le monde et nous ne voulons plus de la fragmentation.  Il faut désacraliser l’individualisme, car il n’a pas d’avenir. Un homme n'est vraiment debout que quand son cœur le porte.  Pour ma part le seul objectif que je me suis fixé c'est de mourir debout, faire de la mort un simple passage de témoins à mes enfants.  L'apprentissage de la verticalité est une épopée silencieuse  qui se fait en toute simplicité en son âme et conscience main dans la main avec l'autre.  L'homme debout sait toujours reconnaître son alter ego, car il incarne l’espoir d’un lendemain meilleur.

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