Pleine conscience (110 x 120 cm) Acrylique sur toile, 2023
Avec Pleine conscience, Georges Assani signe une méditation picturale d’une grande sobriété, tout en tension entre obscurité et lumière. Une vague de matière blanche, griffée, presque translucide, s’élève depuis le bas de la toile et vient rencontrer l’opacité du noir profond. Dans ce champ de contraste, une sphère blanche — point d’équilibre ou de silence — flotte, suspendue dans la nuit. Quelques touches rouges discrètes viennent animer l’obscurité, signes d’une énergie cachée ou d’une vie souterraine.
La composition, minimaliste mais puissante, invite à un recentrage intérieur. La technique du "vunda vunda", faite de strates et de gestes énergiques, donne à la surface une vibration particulière, comme un souffle ou un battement invisible.
Pleine conscience est un espace de pause, une invitation à contempler la présence, la clarté naissante dans la nuit des pensées. La toile incarne ce moment rare où tout se tait, où l’on accède à l’essentiel — à la fois ancrage, éveil et légèreté.
Peintre congolais – créateur de la technique « Vunda‑vunda »
Né en 1999 à Kasumbalesa (RDC), Georges Assani réalise, dès l’âge de trois ans, le portrait de sa mère dans la poussière rouge de Lubumbashi — première manifestation d’un feu créateur qui ne le quittera plus. Après un passage initiatique au monastère Notre‑Dame‑des‑Sources de Kiswishi, il intègre l’Académie des Beaux‑Arts de Lubumbashi dont il sort diplômé avant d’y devenir enseignant, mûrissant ainsi une solide culture plastique et philosophique.
Sur une crête balayée par les vents, Assani « écoute le tourbillon » et invente la technique Vunda‑vunda (le « tourbillon » en swahili). Pinceau et couteau décrivent des spirales successives qui superposent matières organiques, pigments et empâtements ; chaque volute incarne le choc des courants d’air, l’énergie vitale et la légèreté de l’âme. Au‑delà d’un style, Vunda‑vunda est une philosophie de l’unité dans la diversité : quatre vents se rencontrent pour n’en faire qu’un, comme les communautés qu’il invite à se rassembler.
Georges Assani revendique une Afrique créatrice de ses propres récits : « l’artiste doit cesser d’attendre la validation extérieure et puiser dans ses racines pour irriguer le monde ». Par la dynamique du tourbillon, il nous rappelle que le mouvement, l’interaction et la pluralité nourrissent toute renaissance. Son pinceau, emporté par les vents d’Afrique, dessine déjà de nouveaux horizons sur la carte de l’art contemporain mondial.
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